Chéilectomie

L'hallux rigidus est une affection dégénérative qui touche l'articulation à la base du gros orteil (la première articulation métatarso-phalangienne). Elle se caractérise par une usure progressive du cartilage et la formation de petites excroissances osseuses (éperons osseux), en particulier sur le dessus (face dorsale) de l'articulation.

L'hallux rigidus est une affection dégénérative qui touche l'articulation à la base du gros orteil (la première articulation métatarso-phalangienne). Elle se caractérise par une usure progressive du cartilage et la formation de petites excroissances osseuses (éperons osseux), en particulier sur le dessus (face dorsale) de l'articulation. À mesure que la maladie progresse, les patients peuvent ressentir des douleurs, une raideur et une limitation du mouvement vers le haut du gros orteil, en particulier lors de la marche ou de la poussée, ce qui peut gêner les activités quotidiennes et la tolérance aux chaussures.1
L'intervention
La cheilectomie est une intervention chirurgicale visant à préserver l'articulation, soulager la douleur et améliorer la mobilité en retirant les excroissances osseuses et une partie de la surface dorsale de l'articulation du gros orteil (tête métatarsienne) qui limitent son mouvement, tout en préservant la stabilité de l'articulation. Elle est le plus souvent recommandée pour les patients atteints d'hallux rigidus léger à modéré dont les symptômes persistent malgré des traitements conservateurs tels que la modification des activités, les orthèses, les analgésiques ou les injections.1

L'intervention peut être réalisée à l'aide d'une technique ouverte ou mini-invasive ; ces approches diffèrent principalement par la manière dont l'articulation est accessible :

Cheilectomie ouverte : accès à l'articulation par une incision sur le dessus du pied.
Cheilectomie mini-invasive : accès à l'articulation par des incisions plus petites afin de réduire la perturbation des tissus mous.
        ●   Une petite caméra (arthroscopie) peut être utilisée chez certains patients pour améliorer la visualisation, mieux retirer les tissus enflammés et éliminer les débris osseux.2

Bien que les techniques mini-invasives utilisent des incisions plus petites et des instruments spécialisés, les résultats se sont avérés similaires à ceux de l'approche ouverte traditionnelle.2 Dans tous les cas, la cheilectomie préserve l'articulation afin de ne pas limiter les options chirurgicales futures. Si l'arthrose progresse avec le temps, des interventions supplémentaires telles que la fusion articulaire peuvent encore être réalisées si nécessaire.1
Risques et complications
La cheilectomie est généralement associée à de bons résultats et à un faible taux de complications. Pour les deux techniques, le taux global de complications est d'environ 11 %, les plus courantes étant les suivantes :

Douleur résiduelle (≈ 7,5 %) : due à un retrait incomplet de l'excroissance osseuse, à la progression de l'arthrose ou à une dégénérescence articulaire avancée.
●  Chirurgie de révision (≈ 7,4 %) : nécessité de répéter la cheilectomie ou la fusion articulaire en raison d'une douleur persistante ou de la progression de la maladie.
Lésion nerveuse (≈ 2 à 4 %) : irritation ou lésion des petits nerfs sensoriels provoquant un engourdissement ou des picotements, généralement temporaires et plus fréquents avec les techniques mini-invasives.
Raideur articulaire ou amplitude de mouvement limitée : parfois causée par des cicatrices postopératoires ou des modifications arthrosiques continues.

D'autres complications possibles mais rares comprennent l'infection (≈ 0,6 %), le retard de cicatrisation (≈ 0,7 %) et la lésion d'un tendon (muscle long extenseur de l'hallux) (≈ 0,4 %), et sont généralement liées à des facteurs chirurgicaux ou spécifiques au patient.3 Tout autre risque général lié à la chirurgie et à l'anesthésie sera discuté avec vous avant l'intervention, le cas échéant.
À quoi s'attendre
Avant l'intervention, votre chirurgien examinera votre pied et évaluera l'amplitude de mouvement de l'articulation du gros orteil. Des radiographies sont généralement réalisées pour évaluer le rétrécissement de l'espace articulaire, les excroissances osseuses et l'alignement global. La cheilectomie est généralement réalisée sous anesthésie locorégionale avec sédation potentielle, ou sous anesthésie générale, en fonction des facteurs liés au patient et à l'intervention chirurgicale. Après l'intervention, votre pied sera soigneusement bandé afin de protéger l'incision, et la douleur sera généralement traitée à l'aide d'acétaminophène et de médicaments anti-inflammatoires.
Votre rétablissement
La plupart des patients rentrent chez eux le jour même de l'intervention. Il est souvent possible de s'appuyer immédiatement sur le pied grâce à une chaussure postopératoire rigide. Les sutures et les pansements sont généralement retirés après environ deux semaines, et il est recommandé de bouger rapidement le gros orteil afin de réduire la raideur. La plupart des patients peuvent remettre des chaussures normales au bout de 4 à 6 semaines et reprendre leurs activités quotidiennes peu après, avec une amélioration continue de la douleur et de la fonction au cours des mois suivants. Des visites de suivi chez votre chirurgien permettent de s'assurer que la cicatrisation et la convalescence se déroulent correctement.
References
Razik A, Sott AH. Cheilectomy for Hallux Rigidus. Foot Ankle Clin. 2016;21(3):451-457. doi:10.1016/j.fcl.2016.04.006

Fletcher AN, Patel V, Cerrato R. Minimally Invasive Cheilectomy for Hallux Rigidus. Foot Ankle Clin. 2024;29(3):471-484. doi:10.1016/j.fcl.2024.01.003

Arceri A, Di Paola G, Mazzotti A, et al. Reviewing Evidence and Patient Outcomes of Cheilectomy for Hallux Rigidus: A Systematic Review and Meta-Analysis. J Clin Med. 2024;13(23):7299. Published 2024 Nov 30. doi:10.3390/jcm13237299