Le genou et l'arthrose
Le genou est une articulation charnière où le fémur (os de la cuisse) rencontre le tibia (os du tibia) et la rotule (os du genou). Cette articulation est tapissée de cartilage qui permet un mouvement fluide et absorbe les chocs. Avec le temps, ce cartilage s'use et les os peuvent commencer à frotter les uns contre les autres, une affection connue sous le nom d'arthrose, qui peut se manifester par une douleur chronique invalidante au genou et une raideur. D'autres causes de dommages au cartilage du genou comprennent les traumatismes et la polyarthrite rhumatoïde.
Habituellement, les premières tentatives de traitement de l'arthrose du genou consistent en de l'exercice et une perte de poids, des analgésiques topiques comme les crèmes au diclofénac (p. ex., Voltaren), des analgésiques oraux comme l'ibuprofène (p. ex., Advil) et des injections intra-articulaires de glucocorticoïdes. Cependant, aucune de ces solutions ne guérit le problème sous-jacent d'érosion du cartilage et de l'os, et dans certains cas, un remplacement total du genou est nécessaire.

L'intervention
L'arthroplastie totale du genou (ATG), aussi appelée remplacement total du genou, est une intervention chirurgicale conçue pour soulager la douleur chronique et restaurer la fonction d'un genou gravement endommagé. Cela implique de remplacer le cartilage et l'os endommagés par des composants artificiels faits de métal et de plastique.
Pendant l'ATG, le chirurgien pratique d'abord une incision au-dessus du genou pour accéder à l'articulation. Ensuite, les surfaces de cartilage et d'os endommagées sont retirées du fémur, du tibia et de la rotule pour permettre l'insertion des composants prothétiques. Une fois les surfaces osseuses remodelées, un composant fémoral (supérieur), généralement métallique, et un composant tibial (inférieur), généralement en plastique, sont insérés; un composant rotulien en plastique est ajouté à l'avant de l'articulation du genou si nécessaire. Ces trois composants sont ensuite fixés en place, habituellement avec un ciment osseux spécialisé, permettant un mouvement fluide et sans douleur de l'articulation du genou. Tout au long de la chirurgie, le chirurgien peut utiliser un garrot pour minimiser la perte de sang.
Risques et complications
Comme toute chirurgie, l'ATG comporte des risques. Les complications propres à cette intervention comprennent : Comme pour toute chirurgie, une arthroplastie unicompartimentale du genou (AUG) comporte ses propres risques, notamment :
● Fracture périprothétique (1,5 à 3 %) : fractures du fémur ou du tibia
● Infection périprothétique (1 à 2 %) : infection de la nouvelle articulation prothétique
● Descellement aseptique : desserrage de l'articulation prothétique au fil du temps
● Infections superficielles de la plaie : infection de la peau ou des tissus superficiels au niveau du genou
● Nécrose : mort tissulaire due à des infections profondes au niveau du genou
● Paralysie du nerf fibulaire : lésion du nerf fibulaire, qui permet le mouvement et la sensibilité de la jambe
● Lésion ligamentaire : lésion d'autres ligaments stabilisant le genou (p. ex., ligament collatéral médial : 1,2 %)
● Lésion artérielle (0,17 %) : lésion d'une artère irriguant le genou et la jambe
● Lésion ischémique liée au garrot : lésion liée au blocage de la circulation sanguine pendant l'intervention
● Raideur ou douleur persistante
Les risques mineurs généraux associés à la chirurgie et à l'anesthésie comprennent les nausées, les vomissements, les maux de tête, les maux de gorge et la rétention urinaire. Les risques généraux majeurs comprennent les caillots sanguins, pouvant mener à une crise cardiaque ou à un accident vasculaire cérébral, les réactions allergiques et la pneumonie. Votre chirurgien prendra soin de discuter des risques pertinents avec vous avant votre chirurgie et prendra des précautions pour minimiser le risque de complications.
À quoi s'attendre
Avant votre chirurgie, votre chirurgien examinera votre genou et effectuera un bilan préopératoire complet, qui peut inclure des examens d'imagerie comme des radiographies ou une IRM pour évaluer l'état de votre genou et visualiser son anatomie. Les examens préopératoires peuvent également comprendre d'autres tests, comme des analyses sanguines, pour s'assurer que l'intervention est appropriée et sécuritaire pour vous.
L'intervention peut être réalisée sous anesthésie générale ou régionale (p. ex., rachidienne ou péridurale), selon votre profil médical, l'évaluation de votre équipe de soins et la discussion que vous aurez avec eux.
Pour gérer efficacement la douleur après l'opération, une stratégie multimodale de contrôle de la douleur est utilisée. Elle consiste à combiner différentes méthodes pour traiter votre douleur, notamment l'acétaminophène (p. ex., Tylenol), les AINS (p. ex., Advil, Aleve), les opioïdes (p. ex., oxycodone), d'autres analgésiques comme la prégabaline, et potentiellement des blocs nerveux, une intervention mineure où un nerf régional est « gelé » par l'injection d'un anesthésique local.
Votre rétablissement
Après une arthroplastie totale du genou (ATG) en chirurgie d'un jour, vous pourrez généralement retourner à la maison le jour même, à condition que votre chirurgien confirme que votre rétablissement suit son cours. Vous serez fort probablement en mesure de marcher dès le lendemain de l'intervention à l'aide d'un appareil fonctionnel; en fait, vous serez encouragé à commencer à marcher avec une marchette ou des béquilles peu après l'opération pour vous assurer de retrouver votre force et votre mobilité au cours des deux prochains mois. La physiothérapie précoce sera un élément crucial de votre processus de rétablissement. Vous serez encouragé à effectuer des exercices de faible ou de moyenne intensité, comme la marche, la natation et le vélo, tout en évitant les activités à fort impact comme le travail manuel ou le levage de charges lourdes. Vous devriez être en mesure de reprendre vos activités habituelles après six semaines et de recommencer progressivement les activités exigeantes d'ici six mois, mais vous devrez probablement poursuivre vos exercices jusqu'à un an après l'intervention pour retrouver pleinement votre force et votre mobilité.
Votre douleur sera fort probablement gérée à l'aide d'une stratégie multimodale de contrôle de la douleur, telle que décrite ci-dessus, et votre chirurgien pourrait également vous prescrire des médicaments supplémentaires pour réduire votre risque de caillots sanguins. Des visites de suivi régulières avec votre chirurgien aideront à surveiller votre rétablissement et à vous assurer que votre nouvelle prothèse fonctionne correctement.