Une douleur persistante à la hanche n’est pas normale. Apprenez à reconnaître les signes qu’une prothèse de hanche pourrait être nécessaire et quand la chirurgie devient une option.

La douleur à la hanche est facile à banaliser. Beaucoup l’attribuent à une ancienne blessure ou pensent qu’elle fait simplement partie du vieillissement. En réalité, cette perception retarde souvent une évaluation médicale chez des patients qui pourraient bénéficier d’une prise en charge appropriée.
Partout au Canada, le nombre de remplacements de la hanche et du genou a dépassé les niveaux prépandémiques, avec 175 242 interventions réalisées en 2024–2025. Cela représente une augmentation de 5,3 % par rapport à l’année précédente et de 26,5 % comparativement à 2019–2020. Cette hausse reflète non seulement le vieillissement de la population, mais aussi une reconnaissance croissante que la douleur articulaire persistante mérite une attention médicale plutôt que d’être simplement endurée.
Il existe également de bonnes raisons pour lesquelles les patients sont de plus en plus ouverts à ces traitements. Des données provenant de l’Ontario, du Manitoba et de l’Alberta montrent qu’environ neuf patients sur dix rapportent une amélioration de leurs symptômes et une satisfaction un an après une arthroplastie de la hanche ou du genou. Ces résultats soulignent l’efficacité de ces interventions pour restaurer la mobilité et la qualité de vie.
Pour une personne qui se demande si elle a besoin d’une prothèse de hanche, le véritable défi consiste à distinguer les douleurs normales des signes de lésions articulaires significatives.
Une douleur à la hanche après un effort ou une blessure mineure s’améliore généralement avec le repos et le temps. Ce qui est préoccupant, c’est une douleur qui persiste, s’aggrave ou modifie la façon de bouger.
Les patients décrivent souvent une douleur profonde à l’aine, une raideur au moment de se lever ou une douleur irradiant vers la cuisse ou le genou. Comme la hanche est une articulation sphéroïde reliant le fémur au bassin, les symptômes peuvent être diffus et trompeurs.
Une douleur chronique qui perturbe la marche, le sommeil ou les activités quotidiennes ne fait pas partie du vieillissement normal. Une douleur sévère qui persiste malgré les traitements suggère un problème plus important qu’une simple inflammation. Une diminution de l’amplitude des mouvements ou une sensation de faiblesse d’un côté sont également des signes fréquents.
L’arthrose de la hanche est la cause la plus fréquente. Avec le temps, le cartilage s’use, entraînant un contact os contre os, de la douleur et de la raideur. Les maladies inflammatoires comme la polyarthrite rhumatoïde peuvent provoquer des dommages similaires.
À mesure que la dégénérescence progresse, les muscles autour de la hanche s’affaiblissent en raison de la douleur et de la diminution d’activité. Le côté non atteint compense souvent, ce qui entraîne des modifications de la posture et de la démarche, ainsi qu’une surcharge progressive des deux côtés. Certains patients développent une légère inégalité de longueur des jambes ou commencent à utiliser une aide à la marche sans réaliser l’ampleur de la détérioration.
Un des premiers signaux d’alarme est une douleur qui ne répond plus aux traitements conservateurs. La physiothérapie, les modifications d’activité et les anti-inflammatoires peuvent être efficaces au début, mais leur inefficacité progressive suggère une aggravation.
Une raideur matinale ou après une position assise prolongée est également fréquente, tout comme une douleur à l’aine lors des mouvements de rotation. Une difficulté à se tenir en appui sur une seule jambe est aussi révélatrice.
Ce test n’est pas diagnostique, mais il peut être indicatif. Dans une hanche normale ou peu atteinte, se tenir sur la jambe affectée devrait être stable et contrôlé. Une douleur importante, une faiblesse ou une instabilité peuvent indiquer une atteinte articulaire ou musculaire et suggérer que la hanche ne tolère plus les contraintes normales.
On parle parfois de la « règle des 90 % ». De manière informelle, elle signifie que de nombreux patients rapportent environ 90 % d’amélioration de la douleur et de la fonction après une arthroplastie totale de la hanche. Ce n’est pas une garantie, mais cela aide à établir des attentes réalistes : l’objectif est de restaurer la mobilité et la qualité de vie, plutôt que la perfection.
Avant de recommander une chirurgie, le chirurgien orthopédiste évalue les symptômes, l’imagerie et la réponse aux traitements. Lorsque la douleur persiste malgré tout et que la fonction continue de diminuer, la chirurgie devient une option à considérer.
L’arthroplastie totale de la hanche consiste à remplacer les surfaces articulaires endommagées par une articulation artificielle. Dans certains cas, une hémiarthroplastie ou un resurfaçage peut être envisagé, mais la prothèse totale demeure la solution la plus fréquente pour l’arthrose avancée.
Lors de l’intervention, les structures osseuses et cartilagineuses endommagées sont retirées et remplacées par une prothèse conçue pour reproduire le mouvement naturel de la hanche.
Il existe deux types principaux :
Les implants sont fabriqués à partir de matériaux biocompatibles comme le titane ou les alliages cobalt-chrome pour la tige, ainsi que du polyéthylène ou de la céramique pour les surfaces articulaires, afin de réduire l’usure et améliorer la durabilité.
La récupération demande un certain engagement, mais elle est généralement progressive. La plupart des patients commencent à marcher avec assistance dans les heures ou le jour suivant la chirurgie. Bien que des aides soient nécessaires au début, beaucoup retrouvent une marche confortable sans assistance en 3 à 6 semaines.
Savoir quand procéder à une prothèse de hanche ne repose pas uniquement sur l’intensité de la douleur, mais sur son impact réel sur la qualité de vie. Les recommandations reposent sur une prise de décision partagée, tenant compte des symptômes, de l’imagerie, de l’état de santé global et des objectifs du patient.
Dans notre clinique de chirurgie orthopédique à Montréal, nous encourageons les patients à bien comprendre leur condition, à explorer les options de traitement et à choisir le moment opportun en fonction de leurs priorités.
Vous pouvez communiquer avec la clinique en ligne ou appeler au (514) 370-5407 pour discuter des options de traitement.
Canadian Institute for Health Information. (2025). CJRR annual report: Hip and knee replacements in Canada, 2024–2025. https://www.cihi.ca/en/cjrr-annual-report-hip-and-knee-replacements-in-canada-2024-2025
Mayo Clinic. (n.d.). Hip replacement. https://www.mayoclinic.org/tests-procedures/hip-replacement/about/pac-20385042
Cleveland Clinic. (n.d.). Hip replacement. https://my.clevelandclinic.org/health/treatments/17102-hip-replacement
HealthLink BC. (n.d.). Arthritis: Should I have hip replacement surgery? https://www.healthlinkbc.ca/healthwise/arthritis-should-i-have-hip-replacement-surgery
American Academy of Orthopaedic Surgeons. (n.d.). Total hip replacement. https://orthoinfo.aaos.org/en/treatment/total-hip-replacement


